Conclusions esthétiques
Aujourd’hui, alors que je vagabondais au centre de la ville la moins insignifiante de mon entourage géographique immédiat, mon regard s’arrêta sur l’une des réclames accrochées par le principal papier-toilette à tirage quotidien régional et je découvris que celui qui était, pour l’esprit démagogique national, le plus bel homme depuis que l’ancien avait prit un an est illettré. Me vint, incessamment, à l’esprit qu’il ne pouvait qu’être originaire de la région alémanique qui pourrit, depuis des centaines d’années, l’ozone de ma patrie d’adoption.
Le futur gigolo le plus courtisé par les chauvines, à forte tendance nationaliste, ménopausées devra engager une personne moins bête que lui pour pouvoir être informé des instructions présentes à l’arrière des boites de préservatif. La bonne nouvelle est qu’il n’aura pas trop de difficulté à trouver si il se limite aux critères que j’avance.
Comment un pays moderne par décret constitutionnel peut tolérer que le mannequin type censé représenter la compétence de ses chirurgiens plastiques soit un imbécile qui sera incapable de lire les slogans avec lesquels il partagera l’affiche?
Il n’empêche que c’est très fort; réussir à élire un analphabète dans un pays où l’école est obligatoire et gratuite pour tous depuis plus d’un siècle n’est pas à la portée de n’importe quel vendeur de produits cosmétiques. Pour un tel exploit, il faut être une sommité métrosexuelle reconnue au niveau continental et vanter régulièrement les bienfaits de la culture de l’esprit dans le culte du corps. Je suis même prêt à affirmer que rien n’aurait été possible sans la ménagère avec son doctorat en application des tablettes Milka aux abdominaux masculins soigneusement épilés par le castor. Je dois avouer que je plains le castor plus que je ne plains l’animal de compagnie de Mireille Mathieu et ça, c’est très fort.