Les Minarets : l’UDC a pris le drapeau de son ennemi.
Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’habite en Suisse, je ne suis pas de cette nationalité, mais il est plus que probable que j’en fasse la demande dans un avenir plus ou moins proche. Je suis Portugais, mais la réponse à la question « qui suis-je » puise beaucoup plus d’éléments de réponse chez Guillaume Tell que chez Afonso-Henriques, ce que je regrette, mais la distance qui me sépare, maintenant, de mon adolescence m’empêche d’y remédier comme je le souhaiterais.
Si j’avoue mon adresse maintenant, publiquement, sous les feux de la rampe, devant un parterre de lecteurs médusés devant ma prose, c’est que j’ai une envie, profonde et inspirée, de m’exprimer sur un sujet qui, selon la communauté politique et intellectuelle Mondiale, fait de la Suisse le leader incontesté du racisme publique, ceci bien que l’UDC reçoive, il parait, beaucoup d’encouragements.
Oui, les Minarets, méritent qu’on s’attarde dessus maintenant que la poussière post-coïtal est retombée et qu’on peut, enfin, apercevoir ces magnifiques ouvrages typiquement Musulmans que certaines personnes, pourtant dépendantes d’un système numérique inventé proche de l’endroit où Allah se révéla comme le Dieu unique, et non comme un membre secondaire d’un panthéon, à Mahomet, méprisent jusqu’à en voter l’interdiction comme si c’était la représentation d’une idéologie étrangère capable d’écraser leurs pissenlits alors qu’on s’en fout tant qu’on en laisse la racine. Eh oui, gens, si vous ne l’aviez pas encore compris, vous êtes probablement incapable de suivre le fil de ma pensée, déjà, mais, en plus de ce défaut de conception irréparable sans des heures d’onanisme intellectuel, vous êtes, également, aussi bouché qu’un écolo en vélo, car tout ce débat sur les Minarets était un avant-goût de la guerre, annoncée, contre les immigrants islamistes prêts à violer nos femmes, manger nos chèvres et pourrir nos écoles avec leur pudeur religieuse parfaitement absurde ! malheureusement, ces mêmes crétins (ouais, je préfère exprimer d’entrée mon avis) oublient aussi que si nous produisions plus de voiles et si nos compagnies aériennes allaient plus souvent à la Mecque, notre économie décollerait avec ces nouvelles fournées d’arrivants prêts à partir en pèlerinage annuel autour du Monument noir que je ne traiterais pas de bidule parce qu’il est sacré et que ces gens ont la fâcheuse habitude de tout faire péter très vite.
Ah, je tiens à préciser que je manie l’ironie et le second degré avec dextérité et que, par conséquent, certaines remarques sont pertinentes bien que noyées sous un flot d’idées reçues volontairement dénigrantes.
Donc, ces Minarets, fallait-il vraiment les interdire ?
Franchement, j’aurais rit si la Confédération avait proposé de les expulser, on aurait toujours put arguer que personne n’accepterait de recevoir un avion plein de pointes Musulmanes, mais les personnes chargées d’organiser les votations n’ont, hélas, pas mon sens de l’humour et de l’autodérision.
Bref, revenons à nos moutons noirs, évidemment : je dirais que c’était idiot de déclencher un vote pour une affaire qui aurait dut rester du ressort des communes, puisqu’elles ont, généralement, une charte de construction qu’il faut respecter pour avoir une chance de voir son projet validé ; c’était aux éleveurs locaux de vaches d’exprimer leur terreur de voir débarquer tout un car de gens basanés et non au pays qui, par ailleurs, ne s’est même pas majoritairement exprimé contre ces éléments architecturaux offerts en cadeau avec la boite de couscous. Il suffit de comparer le nombre de personnes ayant voté pour l’interdiction avec le total des personnes inscrites sur les listes pour voir que si les Minarets sont, à présent, aussi illégaux que le Cannabis c’est, sans doute, parce que la xénophobie tacite enthousiasme plus que la tolérance.
Toutefois, je souhaite, réellement, discuter sur un élément du dossier à charge, que je résumerais comme suit : il faut intégrer ces populations islamistes et éviter le communautarisme, ainsi que les quartiers « ghetto » qui en résultent, pour empêcher l’apparition d’une loi parallèle et conjurer la menace d’une invasion culturelle. Ca dit, en gros, que les Musulmans ne doivent pas vivre entre eux, sinon ils ne respecteront plus notre loi mais une qu’ils s’inventeront pour leur usage quotidien et qui leur servira de leitmotiv au moment où ils monteront au créneau pour renverser notre culture en faveur de la leur.
Cette volonté, aux premiers abords séduisante puisqu’elle parle d’intégrer les populations étrangères, est en réalité d’une connerie sans borne puisque quand on y regarde de plus près, elle part du principe que les immigrants sont des envahisseurs à qui il faut mettre un holà sous peine de les voir exploser notre confortable joli petit quotidien au profit de leur société qui, de toutes façons, est moins bonne que la nôtre puisque la Suisse est le dernier système réellement démocratique. L’UDC a franchi le pas et avoue, maintenant, publiquement qu’elle est xénophobe puisque si on ne fait pas des étrangers des Suisses ils détruiront le pays, même si notre culture leur doit beaucoup plus que les bombes que nous leurs envoyons.
Franchement, pourquoi ne déclarent-ils pas publiquement la guerre à tout ce qui n’est pas estampillé du fameux générique « made in switzerland » pour que les gens sachent, réellement, sur quoi porte la votation à laquelle elles sont conviées ? oui, c’est une guerre et elle a le génocide pour objectif : on commence par limiter leur entrée dans le pays, on les empêche de s’infiltrer plus facilement (ils sont contre la naturalisation facilitée), on annihile leurs points de rendez-vous et, alors même qu’on empêchera leur descendance de devenir Suisse plus facilement, on brame qu’il faut qu’ils s’intègrent. Blocher, Freysinger et les autre lieutenants Zurichois (je ne dis pas ça contre les Zurichois, mais parce qu’il me semble que c’est, en quelques sortes, leur « chef lieu ») souhaitent exterminer les étrangers de Suisse et ils n’abandonneront pas tant que tous ces ressortissants de pays exotiques, de la France jusqu’à l’Iran, ne seront pas tous du bon côté de la frontière : dehors.