Première Partie
Le soleil apparait à l’horizon. Il s’élève au dessus des toits et attrape la ville dans une toile dorée bien moins agréable qu’il n’y parait pour les paupières, fragiles et perméables, censées protéger un sommeil qui ne souhaite pas vraiment s’évanouir au profit d’une journée de dur labeur. La plus haute tour, la gothique qui domine l’horizon et apparait plus que tout autre bâtiment sous le pinceau des nombreux artistes qui voyagent jusqu’à Daminos uniquement pour ajouter la représentation d’une aurore unique à leurs faits d’armes, défendra encore l’obscurité pendant quelques minutes alors que le ciel lui-même s’égaye déjà pour chasser la dépression matinale des travailleurs ; à son sommet, d’infimes nuages cancérigènes s’échappent de la pointe d’une cigarette satisfaisant le menu désir matinal d’un homme méprisant ses fourmis de compatriotes d’où on pourrait le confondre avec Dieu.
Il empeste encore la joie orgasmique d’une partenaire métaboliquement libérée et ses cheveux tiennent encore plaquées en arrière grâce à la même manifestation impromptue du moment de l’extase suprême. Sa tige antipulmonaire coincée entre deux lèvres parfaitement taillées d’après une représentation angélique de la beauté virile s’agite lentement au gré de ses pensées à demi articulées qui, qu’elles quelles soient, animent son visage d’une mine enjouée. Abelforth écrase son pêché post-coïtal et pose ses avants-bras sur ses genoux levés juste devant lui.
Quelques mètres à sa droite, la tête d’une jeune femme apparait. Elle préfère attendre avant de se dévoiler entièrement et de risquer d’être vue par son amant au regard distant pleinement concentré à décortiquer des songes toujours grisés de jouissance. Emerveillée, elle se plait à admirer un bellâtres hellénique qui ne surprendrait guère en annonçant qu’il doit retourner dans son musée, derrière une verrière qu’il ne peut quitter que tous les millénaires pour satisfaire les fantasmes d’une femme qu’il sera dans l’obligation d’abandonner, comme toutes les autres. Un tel génome est insaisissable, il vogue d’un vagin à un autre sans que même une pilosité abondante puisse le capturer, le garder quelques nuits coincé à l’intérieur d’un trou auquel très peu vaquent aussi bien que lui.
- Apparaissez donc Princesse, ne restez pas là perdue dans des songes que la jalousie me contraint à chasser.
- Vous savez bien qu’aucun rêve ne survit à votre concurrence.
- Voyons Princesse, vous faites trop d’honneur à un homme dont vous venez de réaliser le plus important des rêves, celui dont l’exaucement force la recherche d’une raison de prolonger la vie après un tel plaisir.
27 février 2010 à 00:34
Oh genre !
!
La suite
(ui c’pas plus constructif, mais… que dire :] ? )
2 mars 2010 à 20:04
ahahah la pub sur les autres blogs ça marche !
je m’abstiendrais de te poser plein de questions…
en tout cas l’entrée dans le récit est impeccable (je trouve personnellement). le décor est bien planté.
curieux personnage cet Abelforth!
allez si une question : tu vas la continuer ton histoire? Koko a dit “la suite” °°
sur ce, bonne continuation.