Autinbre
Sitôt la porte des toilettes refermée, elle se sentit apaisée et abritée d’une après-midi plus éprouvante que prévu, l’interminable soupir de soulagement, uniquement rendu possible par la barrière tangible que la porte représentait face aux deux énergumènes qu’elle avait dû se trainer illustrait bien le soulagement qui décrispait ses membres à mesure que son être prenait pleine conscience du silence qui l’entourait. Il restait bien quelques chuchotements lointains, mais les garçons avaient, malgré une couche de bêtise bien grasse, la décence de ne pas s’approcher des cabinets lorsqu’une jeune fille s’y retirait.
L’absence des systèmes urinaire et excréteur chez le genre féminin était un des secrets les mieux gardés de la création, et bien qu’elle ait superbement feint un besoin urgent, Florence n’avait, bien évidemment, pas besoin de soulager un quelconque empressement naturel, mais simplement reprendre des forces avant de repartir au combat face à deux poids lourds de la bêtise masculine. Elle se lava le visage avec de l’eau bien fraiche et prit soin de vérifier dans le miroir de la pharmacie si ce geste nécessaire au rafraichissement de ses idées n’avait pas totalement ruiné un maquillage qui lui avait demandé une concentration extrême tellement l’idée de rater un geste qui devait la rendre encore plus belle aux yeux de son copain l’avait terrorisée. Il fallait bien avouer qu’elle avait tout bon, du crayon sous les yeux pour faire ressortir ses mirettes jusqu’au gloss légèrement brillant pour mettre en valeur ses lèvres, tout était parfait et ne dépassait pas d’un unique millimètre. Pourtant, tous ses efforts s’étaient révélés vains : Constant n’avait pas plus remarqué ses yeux qu’il n’avait eu envie d’embrasser des lèvres qui lui étaient pourtant offertes dans le plus bel écrin qui soit, un faciès joyeux et magnifique finement ciselé pour le plaisir des yeux.
Peut-être s’était-il trop caressé pendant qu’ils ne s’étaient vus ? elle l’avait pourtant bien mis en garde contre les effets néfastes des plaisirs solitaires masculins sur la vue, mais il avait tellement l’habitude de n’en faire qu’à sa tête qu’il ne s’était probablement pas retenu devant Emmanuelle ou Troubles. Si au moins ses caresses lui avaient été encouragées par la réminiscence des nuits qu’ils avaient passé ensemble, elle lui en aurait moins voulu, peut-être même qu’elle se serait tout particulièrement investie à lui procurer de nouveaux souvenirs grâce auxquels il aurait pu oublier la distance qui les séparait… mais enfin ! c’était idiot de blâmer la masturbation, puisque c’est sur l’ouïe et non sur la vue qu’elle agit négativement et que c’était elle qui lui demandait, sans cesse, de monter le volume. Pas que les femmes craignent les mêmes tourments que les hommes, non, simplement parce qu’elle avait l’oreille moins fine que son bien-aimé.
Pourquoi n’avait-il donc rien remarqué alors ? elle était magnifique, sublime même et les nombreuses têtes qui s’étaient retournées pour l’admirer corroboraient ce que son reflet lui disait. Il l’avait tenue par la taille, oui, par la main, aussi, comme d’habitude, mais elle ne s’était pas parée ainsi pour de si légères embrassades. Elle aurait voulu qu’il l’enlace fermement, sans qu’elle s’y soit attendue, et l’embrasse de sorte à ce qu’elle comprenne tout le bien que sa présence lui faisait, qu’il lui démontre qu’il ressentait pareil qu’elle…
Enfin, il ne fallait, sans doute, pas trop en demander à un être primitif dont le chromosome principal est condamné à l’extinction à moyen terme. Quand le double X des femmes aurait supplanté le simple des hommes, au moment où les limites du Y apparaitraient, toutes ces histoires n’auraient plus aucun sens et s’amouracher d’un simple réservoir destiné à la pérennisation de l’espèce n’avait aucun sens. Il fallait donc démarrer l’entrainement afin de ne point trop souffrir lorsqu’on viendrait le prendre pour le boucler avec tous les autres animaux de son espèce.
Réjouie par ses nouvelles dispositions, elle déverrouilla avec la ferme intention de poursuivre sa vie sans trop s’étendre sur les cas désespérés.
A peine la porte était-elle entrouverte qu’on la poussait de l’extérieur, assez pour permettre à une personne d’entrer et de verrouiller derrière. C’était Marcio ! il avait attendu dans la chambre qu’elle lui avait alloué, à quelques mètres des WC et avait saisi la première opportunité qu’il découvrit pour entrer ! le con ! le pervers ! elle allait hurler contre l’intrus quand celui-ci l’en empêcha avec un long baiser auquel elle ne s’était pas attendue.
Ils auraient bien pu avoir une histoire avant qu’elle ne tombe amoureuse de Constant, mais il était loin, et ce qu’il dégageait était malsain. Il avait un karma très sombre, presque maléfique et elle n’avait pu ignorer son narcissisme maladif capable de le rendre antipathique aux yeux d’un parfait inconnu en moins de temps qu’il ne faut à un politicien pour faire une promesse électorale. Et voilà qu’il l’embrassait, bien qui plus est ! il s’autorisait même à glisser ses mains autour de sa taille et à la resserrer contre lui. Bien évidemment, il n’eût pas le temps de s’éterniser, car elle le repoussa violemment.
Florence ne le gifla pas, ce n’était pas l’envie ou les raisons qui lui manquaient, mais quelque chose dans les yeux de son agresseur. Elles étaient marron ses fenêtres à lui, très foncées, charmantes et aussi souriantes que sa personnalité. Il était joueur, facétieux par moments, et bien qu’il fut plus petit et corpulent que son beau Constant, elle aurait put l’apprécier plus qu’un ami et il le savait. Enfin, il avait décrépi depuis l’époque où il passait des heures à lui compter fleurette derrière son écran d’ordinateur, et il savait bien que ce temps là était mort et enterré, alors pourquoi prenait-il le risque de l’embrasser ? il n’était pas idiot, ou du moins avait très bien su tenir l’illusion pendant des années, alors pourquoi risquer la considération qu’elle avait encore pour lui ?
- Je sais bien que je suis fou, mais j’en avais envie. C’est tellement facile d’oublier que je ne pouvais, décemment, pas écarter une telle lubie.
Il lui sourit et sortit, la laissant seule avec une réponses à mille lieues de ce qu’elle avait anticipé. Elle lui emboita le pas, encore dubitative, et le suivit jusqu’au salon où il s’était installé à droite de son adonis à côté duquel il faisait bien pâle figure. Il le savait pourtant qu’il ne tenait pas la comparaison physique et que même psychologiquement il ne possédait aucune vertu propre à détourner une femme de l’élu de son coeur. Ne fut-ce vraiment qu’une simple envie inspirée par un désir virtuel incapable d’être satisfait en temps de célibat ? ou peut-être en savait-il plus qu’il ne le laissait deviner sur la société féminine secrète qui préparait minutieusement l’ère post-phallique à quelques centaines de mètres de là et qu’elle devait rejoindre chaque nuit afin d’accomplir sa part de travail ? non, le secret était trop bien gardé pour qu’un simple mec puisse en deviner quoi que ce soit. Néanmoins, on n’était jamais trop prudent, et elle décida qu’il serait fait prisonnier le soir même, pendant qu’il dormirait. Jusqu’à la nuit, il fallait le surveiller, observer chaque geste qui pourrait en dire plus long sur ce qu’il cachait.
Enfin, tout de même, il avait joué aux imbéciles toute l’après-midi, se comportant en véritable enfant sans réelle connaissance des règles à respecter en société et voilà que le soir venu, il surenchérissait avec un baiser apparu d’on ne sait où ! que voulait-il cet empaffé rondouillard ? que voulait-il cet égomaniaque maladif ? ne pouvait-il pas simplement s’occuper de soigner son amour excessif et fallacieux de sa personne au lieu de galocher d’honnêtes citoyennes soucieuses du devenir du Monde ? ne l’avait-il vraiment fait qu’en souvenir de ce qu’il aurait aimé vivre ? il n’avait certes jamais été mythomane, mais la mysticité n’était pas non plus son apanage aux dernières nouvelles et voilà qu’elle le soupçonnait de l’un ou l’autre sur un geste d’une poignée de secondes.
Il la regarda, en souriant encore, et déposa un baiser sur la joue de son Constant.
Florence n’eut pas le temps d’être choquée, une explosion, puis une autre et ainsi de suite plus d’une centaine de fois rompit le fil de ses pensées et, pour un instant, de sa vie. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle se trouvait dans une salle blanche très illuminée en compagnie d’une infinité de gens qu’elle n’avait jamais vu.
- Florence !
On l’enlaçait. Elle reconnaissait cette chaleur, cette tendresse… Constant ! il était là, avec elle, au milieu de ce qu’elle avait deviné être les Aliens prêchés par les Raëliens. Sa joue brillait, il lui dit que ses lèvres aussi. Se pouvait-il ?
- Florence Autinbre et Constant Olivieri, vous devez venir, vous avez été marqués comme sujets purs et dignes d’intérêt, par ici, nous allons vous mener à vos quartiers.
Oui… cela se pouvait.
17 août 2010 à 22:40
T’es un putain de gros malade mec, tu mérites qu’on t’attache par les testicules dans une cave pendant des mois en te faisant subir les pires sévices imaginables. Je te brûlerais 100 fois les cheveux si ça pouvait cramer un petit peu ton cerveau et effacer la maladie qui ronge ton imagination de puceau. Inapte socialement, pathologiquement gerbant, putain de sous-être, tu me débectes. Si un jour je te croise – parce que je sais qui tu es – je me ferai un plaisir de rendre le monde meilleur en te castrant et en rasant ta tête d’onaniste dégénéré.
3 février 2011 à 19:43
J’aurais au moins aimé la satisfaction d’être choqué. Même pas.
C’est assez triste en fait.
Quitte à faire dans le suitant, monsieur aurait pu innover. Faire à peine l’effort de prétendre à l’originalité.
Mais non.
Long, ennuyant, redondant. Un nouvel adepte de François Baroin.
Mais ne songe pas à faire visionnaire des temps modernes, plume maudite de la société décadente, blablabla… Le rôle est dépassé depuis le XIXème.
Enfin bon.
Age ingrat, boutons spongieux, petite queue frétillante, on est tous passés par la crise d’adolescence. Au moins, certains ont la clémence de passer leurs frustrations devant des films X… Mais tu n’es pas de ceux-là.
C’est dommage, on aurait préféré.
A une prochaine, quand au lycée, on t’aura appris quelques nouvelles règles de grammaire,
Spouisch.
3 février 2011 à 20:20
Merci pour ta critique. Tu es à côté de la plaque, mais je ne le prends
pas mal. Pas que je néglige ce que tu dis (bien au contraire, je préfère
que l’on désapprouve pour un manque cruel d’originalité plutôt que pour
m’attribuer des problèmes psychologiques), j’estime, simplement, que tu
n’as pas lu mon blog, ou cet article en particulier, dans le bon état
d’esprit.
Si c’est moi qui me plante, je serais sincèrement ravi d’avoir des suggestions pour m’améliorer.
Je serais ravi d’avoir ton avis sur le reste des articles. Lâche-toi,
n’oublie juste pas que c’est un blog que je mets à jour quatre ou cinq
fois par an quand j’ai envie d’écrire quelque chose concernant un sujet
quelconque et que je n’aspire pas à en faire un fleuron de la production
littéraire indépendante français, contrairement à d’autres moins
talentueux que moi.
Sur ce, je te souhaite une bonne journée.